Comment le collagène influence notre système immunitaire

Comment le collagène influence notre système immunitaire

30 mars 2021 Non Par Amine

Le collagène influence notre système immunitaire. Beaucoup de recherches scientifiques se focalisent sur ce domaine. Selon les chercheurs, le collagène joue un rôle important pour la perméabilité intestinale. Il contribue également à calmer les réactions auto-immunes inflammatoires. La présence des anticorps anti-collagène dans notre corps pourrait aggraver les syndromes des maladies auto-immunes. Au final, pour les diététiciens et les chirurgiens le collagène est l’immunonutrition indispensable à notre système immunitaire. Cet article vous expliquera toutes les découvertes scientifiques sur la façon dont le collagène influence notre système immunitaire.

 

Quand les maladies auto-immunes endommagent la muqueuse de notre corps

 

Dans certains cas, comme les maladies auto-immunitaires, les cellules immunitaires agressent notre propre cellule. Ce phénomène peut engendrer la sensation inflammatoire à divers endroits de notre corps : au niveau des cartilages (arthrose), au niveau des muqueuses (système digestif) et au niveau de la peau (sclérodermie, Érythémateux Lupus, eczéma) par exemple.

 

La perméabilité intestinale est un bon exemple pour bien expliquer l’importance du rôle du collagène. Lorsque la muqueuse intestinale devient perméable, on la définit comme un intestin qui fuit. Les causes de ce phénomène sont diverses.

 

Les jonctions serrées sont une paroi qui couvre nos intestins, elles assurent l’étanchéité entre les tissus cellulaires. Elles jouent un rôle de filtre qui empêche l’entrée de fluides et des substances allergéniques ou non désirables dans les vaisseaux sanguins intestinaux tout en laissant passer les nutritions comme les peptides ou les glucoses.

 

La consommation de certains aliments contenant des molécules chimiques allergéniques ou alcooliques est l’une des causes qui déclenchent la réponse excessive de notre système immunitaire au niveau de nos intestins. Par conséquent, nos cellules immunitaires agressent la partie muqueuse et la jonction serrée de notre intestin par erreur, ce qui a pour effet de rendre la muqueuse intestinale perméable.

 

 

Le collagène renforce notre barrière immunitaire intestinale

Même si ses bienfaits réparateurs sur nos articulations sont les plus connus, le collagène aide aussi à réduire la porosité de la peau et des muqueuses, d’où l’association du collagène à une barrière immunitaire contre les agressions des allergènes.

 

En effet, le collagène est une protéine composante de notre corps, il se trouve dans nos cheveux, os, muscles, peaux et même la muqueuse de nos intestins. La carence en collagène peut aggraver la porosité de la paroi des intestins qui pourrait provoquer la fuite intestinale.

 

Le fait de prendre le supplément de collagène peut aider les jonctions serrées et les muqueuses à maintenir leur étanchéité et leur durabilité.

 

Plusieurs études scientifiques ont déjà montré que l’administration des peptides de collagène accélère la guérison des plaies et que le collagène assimilé par l’ingestion répare activement la porosité des muqueuses de notre intestin. Par conséquent, moins de substances indésirables entreront en contact avec notre corps. En supprimant le contact des allergènes, les réactions auto-immunes disparaissent. [1] [2]

 

 

Le collagène réduit les réactions allergiques et apaise les maladies auto-immunes inflammatoires

 

« L’ingestion de collagène-peptide supprime les réponses allergiques en faussant l’équilibre des lymphocytes T CD4+ déclenchant la réaction immunitaire adaptative vers les cellules TH1 qui défendent les pathogènes intracellulaires et le TREG qui est un régulateur des cellules T. Par conséquent, l’ingestion du collagène semble être un agent prometteur pour prévenir les allergies et les maladies inflammatoires. » Ceci est une conclusion obtenue par les chercheurs japonais. [3]

 

Au niveau de la composition moléculaire, la glycine est une protéine composante du collagène, elle est reconnue pour sa propriété anti-inflammatoire. La glycine agit sur les cellules inflammatoires telles que les macrophages et les dendritiques, elle interrompt et diminue les facteurs de transcription pro-inflammatoire émis par nos cellules immunitaires. De même, la glycine empêche la formation de radicaux libres et de cytokines inflammatoires, ces mécanismes permettent de protéger nos tissus contre les surréactions auto-immunes. [4]

La présence des anticorps anti-collagène type II aggrave les syndromes de la polyarthrite rhumatoïde

Pour les rhumatologues, la polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune très commune. Chez la personne atteinte de cette maladie, les cellules de la membrane synoviale de ses articulations feront l’objet d’agressions par son propre système immunitaire. Cette réaction auto-immune initiée par erreur va rendre les articulations gonflées, raides et douloureuses. Dans certains cas sévères, de la fièvre ou de la fatigue peut aussi d’être observée.

 

Avec une complication au fil du temps, cette maladie peut affecter d’autres organes ou tissus alentour telles que les articulations, le cartilage, voire l’os.

 

Selon une étude de l’université d’Uppsala de Suède, chez certains patients, des anticorps contre le collagène II (la protéine majoritaire qui constitue nos cartilages articulaires) ont été observés. Selon cette recherche, ces anticorps sont responsables du syndrome inflammatoire accru et leur présence contre le collagène aggrave globalement les syndromes de la polyarthrite rhumatoïde. [5] Pour les rhumatologues, la supplémentation de collagène n’est donc pas une solution idéale pour traiter la polyarthrite rhumatoïde, car altérant le médicament immunosuppresseur, comme le méthotrexate. On retrouve le même résultat dans une recherche britannique. [8]

 

 

Le collagène apporte des nutritions essentielles à notre système immunitaire

 

Côté apport nutritionnel, les éléments composantes du collagène comme la glycine, l’arginine ou bien l’acide glutamique sont des substances précurseurs de la production des globules blancs (neutrophile, éosinophile, basophile, lymphocyte et monocyte) et les macrophages. La supplémentation du collagène favorise donc la production et l’activation des globules blancs : les cellules qui éliminent activement des pathogènes comme les virus ou les bactéries.

 

 

Le collagène favorise la prolifération de lymphocytes T

Les lymphocytes T occupent une place importante dans le mécanisme d’immunité adaptative. Ils détruisent les cellules infectées et les cellules hétérogènes. Selon d’une étude menée par des chercheurs chinois, les peptides de collagène jouent un rôle d’accélérateur pour la prolifération de lymphocytes T, ils améliorent également la circulation sanguine lymphatique au niveau de ses zones périphériques. Ces contributions impactent positivement le bon fonctionnement de notre système immunitaire. [6]

 

Comme l’acide glutamique fait partie de la composante du collagène, il n’est pas difficile de deviner comment l’ingestion du collagène aide à la production de lymphocytes T. Les études ont d’ailleurs montré que l’épuisement de la glutamine bloque la prolifération et la biosynthèse de lymphocytes T. Pour que l’activation de la prolifération de lymphocytes soit efficace, le processus métabolique nécessite une quantité importante de glutamine. [7]

 

 

Le collagène influence la migration des lymphocytes NK

Les lymphocytes NK appartiennent à des réactions immunitaires innées. Ils se mobilisent dans la circulation sanguine et détruisent les pathogènes comme les macrophages. Les lymphocytes NK représentent la première barrière immunitaire défensive. À part les influences nutritionnelles du collagène, une étude menée en 2012 a mis en évidence que l’interaction entre les fibres du collagène dans un nœud ganglion et les lymphocytes NK régule la migration de ces derniers. Sous-hypothèse que la carence du collagène aurait des répercussions directes sur la mobilité des lymphocytes NK.

 

Référence 1 : “Collagen peptides ameliorate intestinal epithelial barrier dysfunction in immunostimulatory Caco-2 cell monolayers via enhancing tight junctions” published on “Food and function” British academic review in 2017

 

Référence en français « Les peptides de collagène améliorent le dysfonctionnement de la barrière épithéliale intestinale dans les monocouches de cellules immunostimulantes Caco-2 en améliorant les jonctions serrées » publié dans la revue académique britannique « Alimentation et fonction » en 2017

 

Référence 2 : “Identification and Structure-Activity Relationship of Intestinal Epithelial Barrier Function Protective Collagen Peptides from Alaska Pollock Skin” publish on “Marines drugs” Suisse academic review in 2019

 

Référence en français « Identification et relation structure-activité de la fonction de barrière épithéliale intestinale et des peptides protecteurs extraits de la peau de Pollock de l’Alaska » publié dans la revue suisse « Marines Drugs » en 2019

 

Référence 3: “Collagen-derived peptides modulate CD4 + T-cell differentiation and suppress allergic responses in mice” published on British academic review “Immunity, inflammation and disease” in 2018

 

Référence 4: “L-Glycine: a novel anti-inflammatory, immunomodulatory, and cytoprotective agent” published on “Current opinion in clinical nutrition and metabolic care” in 2003

 

 

Référence 5: “Treatment of rheumatoid arthritis with oral type II collagen. Results of a multicentre, double-blind, placebo-controlled trial” published on “Arthritis and rheumatism” in 1998

 

 

Référence 6: “Collagen Peptides Improve Lymphocyte Distribution in Peripheral Blood and T Lymphocyte Proliferation in Spleen of Mice under the Condition of Simulated Weightlessness l” on “Chinese Association of Pathophysiology.” in 2020

 

Référence 7: “Glutamine uptake and metabolism are co-ordinately regulated by ERK/MAPK during T lymphocyte activation” published on “Journal of immunology” in 2010

 

 

Référence 8: “Can collagen type II sustain a methotrexate-induced therapeutic effect in patients with long-standing rheumatoid arthritis? A double-blind, randomized trial” published on “British journal of rheumatology” in 1993